J’AI JOUÉ À DISHONORED 2

Parmi la foire de AAA de fin d’année, il y en avait un auquel je ne pouvais échapper : Dishonored 2. Fierté française oblige, nouvel habitant de Lyon, je me devais de jouer à ce jeu dont le studio de développement se situe à seulement quelques quartiers de ma fac. Alors, ce Dishonored 2 est-il aussi bon que son prédécesseur ?

Merci à Gamesplanet de m’avoir fourni Dishonored 2 pour cette review.

Si Arkane Studio fait évoluer sa licence, il le fait d’abord d’un point de vue narratif. Souvent pointé du doigt pour son scénario en retrait, Dishonored 2 joue ici sur l’identification, sur la relation entre un père et sa fille. Avant l’embarquement pour l’ensoleillée Karnaca, un petit passage à Dunwall est de mise, permettant de placer l’intrigue : l’impératrice Emily voit son trône confisqué par sa tante, la poussant à s’exiler sur l’île de Serkonos pour orchestrer sa vengeance. Véritable tutoriel, ce passage à Dunwall permet de lier les deux épisodes tout en signifiant les effets du temps sur la ville et ses personnages (15 ans séparent les deux épisodes).

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Loin des inspirations londoniennes et industrielles de Dunwall, Karnaca fait office d’aboutissement, de version finale. Mêlant roches et végétation, la ville se distingue par sa construction unique qui réussit à créer une véritable cohérence. Chaque objet, balcon, muret, prend sa place, rendant Karnaca vivante, ne tournant pas autour du joueur. La ville est ainsi découpée en plusieurs parties, dont l’accès se fait grâce aux différentes missions. Chacune de ces parties se verra elle-même segmentée en plusieurs quartiers, le premier servant de terrain d’entrainement et à ravitailler ses stocks via des marchands clandestins.

Karnaca n’est donc pas complètement ouverte, pourtant l’évolution entre ses murs se fait relativement fluide. La richesse de la ville y contribue grandement, regorgeant d’objets à collectionner, à découvrir, toujours guidés par ce mystérieux artefact qu’est le Cœur. Derrières ses inspirations Art Nouveau et le sentiment de grandeur qui se dégagent de Karnaca, la ville transpire la misère, détruite par la politique de son dirigeant et par les mouches de sang qui réduisent ses habitants en zombies.

Dishonored 2 - Karnaca vue

Ce terrain de jeu, ensoleillé mais mortel, permet à Dishonored 2 d’exprimer pleinement son gameplay, généreux dans la liberté laissée au joueur. D’abord avec le choix entre Corvo et Emily, chacun disposant d’un arsenal de pouvoirs différents. Si ce choix n’affecte pas la fin ou l’intrigue du jeu en elle-même, il permet de débloquer certaines cinématiques et surtout de s’approprier l’espace et le jeu d’une manière complètement différente. Le level design d’Arkane permet d’exploiter pleinement toutes ses possibilités, s’ouvrant à n’importe quel type de jouabilité. La discrétion furtive et totale demandera tout de même un peu d’entrainement, mais libre à vous de foncer dans le tas et d’attaquer frontalement vos ennemis.

Dishonored 2 - Emily Combat

Dommage cependant que l’aventure ne dure pas plus d’une dizaine d’heures. Un – léger – défaut pardonné par le scénario qui ne faiblit pas et la vingtaine d’heures – au moins – qu’il faudra pour explorer chaque recoin de Karnaca et de ses bâtiments. L’aventure se voit ternie par des problèmes techniques sur console comme sur PC, affichant parfois des baisses de frame rate impressionnantes. Heureusement, Dishonored 2 peut compter sur la qualité de ses textures, de ses animations et d’une I.A qui reste viable.

C’est finalement un constat en demi-teinte qui ressort de ce Dishonored 2. D’un côté, une brillante narration, un gameplay qui s’est amélioré par rapport à son grand frère et un univers aussi incroyable que varié. D’un autre, le jeu manque de maturité, avec des baisses de fluidité incroyables et une fin un peu en deçà du reste du jeu. Des sacrifices pour respecter la période de sortie des AAA ? Difficile de le savoir, mais au vu des ventes, on peut se demander si Dishonored 2 a fait le bon choix. Heureusement, on peut compter sur de nombreux patch pour rectifier cette affaire…

Maxime

Les gens disent que j'écris des trucs cools, du coup je continue. Militant convaincu du cross-platform.

Il y a 3 commentaires
  1. Super article Maxime !

    J’ai adoré le premier, en faisant un de mes favoris sur la précédent génération, et j’ai commencé le seconde en début de semaine. Pour l’instant, je ne suis pas déçu !

    Je joue avec Emilie en mode totale infiltration et en difficile, les missions me prennent donc pas mal de temps. Avant de rédiger mon essais gaming, je ferais certainement une seconde partie un peu moins soft avec Corvo pour voir les différences au niveau du gameplay et de le l’histoire :).

    J’espère pouvoir en discuter avec toi à ce moment là ! 🙂

    • Maxime

      Merci du retour !
      Difficile de rester sur sa faim avec Dishonored 2 tant les possibilités sont immenses. Mais après avoir fini ma première partie avec Emily, Corvo me semblait un peu moins agile, plus empoté.
      Si ça t’intéresse, les développeurs travaillent actuellement sur un New Game + ainsi que sur la possibilité de combiner les pouvoirs d’Emily et de Corvo en un seul personnage.

      • De rien :).
        Nan !? Tu m’en vois ravie, je me suis toujours demandé pourquoi Arkane ne proposait pas de New Game + sur Dishonored! C’était pour l’instant mon seul défaut, j’en ai trouvé encore aucun et tant mieux 🙂

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